courses… au grenier.

Les hypermarchés… Je déteste.

Je n’y vais qu’à reculons. Il le faut pourtant, Lune a des besoins alimentaires et j’ai envie de lui donner des nids douillets partout dans l’appartement.

J’ai décidé de lui acheter des doudous confortables, des peluches, des jouets, et il me faut quelques matériaux pour lui confectionner des coins sympas, par exemple du tissu pour un hamac que je vais fixer sur un vieil escabeau en bois. J’ai déjà récupéré des cartons pour lui fabriquer une maison, j’ai commencé, mais elle est toujours dans mes jambes et mes mains, c’est compliqué de s’appliquer.

Comme Rémi n’est pas là cette semaine, je dois me servir de la voiture.

C’est effrayant.

Surtout en ville.

Je conduis bien et facilement, mais je hais les autres automobilistes qui m’empêchent d’aller à mon rythme c’est à dire plutôt très lentement, les 30km/h ne m’effraient pas, la mairie devrait les imposer comme à Grenoble, de plus à Lyon c’est épuisant car personne n’a l’habitude d’utiliser son clignotant et les conducteurs sont du genre nerveux. Pourtant je dois rejoindre cette zone commerciale bondée, me faufiler dans cette foule consommatrice, prendre mal au crâne, chercher sans trouver, aller et venir dans les allées de bricolage qui me harcèlent d’objets que je ne cherche pas mais qui pourraient me servir…

Et bien évidemment je ressortirai avec un chariot plein à craquer et il me faudra monter jusqu’à l’appartement tous ces paquets encombrants.

J’en transpire d’avance.

J’en transpire tellement, que je finis par renoncer. Me faire ce film d’épouvante avant d’aller dans ces cathédrales de la consommation me libère franchement de cette corvée. Au final, je file au grenier.

On vit dans un vieil immeuble et on a un grenier personnel (on a aussi une cave, mais les vélos prennent toute la place). J’emmène Lune avec moi, ravie de découvrir les escaliers en bois très raides, ravie de monter et descendre à tout allure et ravie d’entrer dans la caverne aux araignées. Il y a une malle en osier héritage du côté de chez Rémi dans laquelle je récupère deux nappes fripées, un jeté de lit défraîchi, je trouve un vieux bonnet de laine troué, quelques autres habits du temps de la coloniale avec le casque assorti.

Je remarque une valise dans un coin, sous un tas d’objets disparates que je retire un à un, d’ailleurs ce pied de lampe en bambou pourrait me servir, et cette cuvette en fer martelé aussi. Je mets de côté. J’ouvre une sorte de boîte à couture, rien de très intéressant… mais tout au fond un vieux cahier jauni. Je le retire délicatement. Je n’ai pas assez de lumière pour lire ici, et l’encre semble s’être dissoute. Sans doute des recettes de cuisine, je le prends avec le reste. Pour la valise, on verra plus tard, elle est fermée à clé, et je n’ai guère envie de chercher des clés ou de forcer une serrure. Lune a disparu. Je l’appelle, je remarque la porte entrouverte, je file dans le couloir, dans l’escalier, jusqu’à la porte de notre appartement, puis descend jusqu’à l’entrée. Je remonte, fouille les recoins de tous les paliers, retourne au grenier, fouille partout transpirante comme si j’étais allée à casto ou leroy. Découragée j’ouvre à nouveau la malle en osier, je soulève les tissus, les vêtements et totalement inquiète je jette violemment le casque sur la masse des affaires. Soudain surgit tout affolée ma Lune, qui avait dû s’endormir bien au chaud sous un plaid mité, toute cachée sous l’amas des vieilleries.

De soulagement, je redescends avec elle à l’appartement sans porter autre chose que son petit corps tout chaud.

J’ai tellement sué que les courses ne m’auraient pas plus épuisée. J’hésite à remonter, prendre les affaires mises de côté et me mettre au travail.

Un autre jour… pour l’instant, sa place préférée est sur mon oreiller, j’aurais le temps avant le retour de Rémi pour fabriquer de petits lits. Il le faut. Rémi m’a demandé de choisir entre le chat et lui… dans le lit.

C’est tout de même tyrannique comme exigence… et je ne l’entends plus éternuer autant… et Lune est si bien collée contre moi… et…

De toute façon, je n’ai pas le choix, j’ai promis à Rémi que Lune aurait des jolis et doux couche-couche.  Je me mets au travail.

Premier carton…

De toute façon, c’est Lune qui choisira.

2 commentaires

  1. Rhoo il est casse-pieds Rémy! Peut pas prendre des anti-histaminiques ?
    Je me demande ce que lui réserve le petit cahier jauni et ce que renferme la valise, il me semble qu’à sa place j’aurais forcé les verrous sur le champ! A mon avis elles n’ont pas fini de monter dans ce grenier plein de surprises, Lune va s’y trouver plein de dodos de fortune en attendant 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Yes, il est casse-pieds comme tous les allergiques! héhé! Et tu sais bien ce que décidera Lune, on le sait tous quand on a des chats (et même des chiens!) 🙂
      Je pense que je vais remonter au grenier avec Elza un de ces quatre matins. Évidemment car ce cahier m’intrigue…

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